Une utopie (un reve pas si sur)

Publié le par evergreenstate

 
Arque boutes sur notre modèle tout nucleaire, vas ton rater le coche ?
 

Le triomphe d’une utopie

«Desertec», un projet qui vise à relier les déserts du Sahara au continent européen avance à grands pas. Pour une fois, l’utopie prend forme

C’est un espoir fou, une lueur magnifique dans la grisaille d’une économie qui sombre dans la crise. Un projet qui pourrait changer l’équation énergétique de la planète. Cette idée, nous en avons parlé à plusieurs reprises, mais il est temps d’y revenir, car elle suscite l’adhésion d’un nombre toujours plus grand de pays et a trouvé de solides appuis dans l’industrie.
Le projet, «Desertec», c’est son nom, consiste à créer un réseau électrique intelligent en courant continu reliant des milliers de centrales solaires thermiques du Sahara à toutes les sources d’énergies renouvelables du continent européen (éolien, géothermie, biomasse, etc.). Une boucle qui permettrait d’alimenter l’Afrique mais également l’Europe en électricité et de mettre fin en trente ans à peine à l’hégémonie du pétrole, du gaz et du charbon! Les promoteurs du projet, des ingénieurs allemands du Club de Rome, mettent en avant une réalité physique qui fascine tout ingénieur: en six heures, le Soleil fournit à la Terre autant d’énergie que ce que l’humanité consomme en une année. En couvrant une surface équivalente à 0,3% des déserts du Moyen-Orient/Afrique du Nord avec des centrales solaires, soit grosso modo un territoire comparable à l’Autriche, l’adieu au tout fossile (80% de l’énergie primaire) est à portée humaine, une cinquantaine d’années, selon l’étude de faisabilité.
Mardi, à Berlin, le gouvernement allemand, entouré de géants de l’industrie et des concepteurs de Desertec, ont présenté la fondation internationale qui sera chargée de promouvoir le projet. Il a le soutien du consensus de Copenhague et reçu lundi l’appui intellectuel du Prix Nobel Carlo Rubbia. D’ores et déjà, il est inscrit à l’agenda de l’Union pour la Méditerranée et bénéficie de la bienveillance de la Commission européenne. Siemens et ABB, deux géants de l’équipement électrique, apportent leur caution industrielle à un projet dont les ambitions sont gigantesques. Interrogés sur sa faisabilité, leurs directeurs de recherche ont répondu: «La question n’est pas de savoir s’il faut le faire, mais pourquoi nous attendrions encore.»

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