Syngenta aurait tenté de tester un riz OGM sur des enfants chinois (archive)

Publié le par evergreenstate

Syngenta aurait tenté de tester un riz OGM sur des enfants chinois

Canoë  Virginie Roy
10/09/2008 17h02 


Greenpeace accuse la firme Syngenta, un leader mondial de l’agro-industrie, d’avoir voulu étudier l’impact d’un riz OGM sur 24 enfants chinois de 6 à 8 ans pendant l’été 2008. Selon l’organisme environnemental, c’est l'institut national américain de la santé (NIH) qui aurait approuvé ces tests menés par l'Université Tufts au Massachusetts.

Ce riz, baptisé «riz doré» à cause de sa couleur jaune, est un riz génétiquement modifié pour augmenter sa teneur en bêta carotène, précurseur de la vitamine A, dont la carence chez de nombreux habitants des pays pauvres est responsable de cécité chez des millions de personnes. Mais l'importation ou la consommation de ce riz ne sont toujours pas autorisées dans aucun pays du monde.

«Si, selon ses promoteurs, le riz doré permettrait d'augmenter les apports en vitamine A, son innocuité, comme celle de nombreux OGM, n'est absolument pas démontrée. Il est sur le fond inadmissible que des enfants servent de cobayes à l'industrie biotechnologique», s’indigne Greenpeace dans un communiqué.

Greenpeace raconte que leur bureau en Chine, après avoir été mis au courant de la situation, a immédiatement alerté les ministères de l'agriculture et de la santé chinois. Fin juillet, l’organisme dit avoir reçu la confirmation que ce riz génétiquement modifié n'avait pas été importé et que les tests avaient été annulés. Selon Greenpeace, au même moment, l'information concernant l'essai aurait disparu du site web de la NIH.

OGM: une mauvaise solution

Le riz doré OGM n'est pas la solution pour régler les carences en vitamine A et la malnutrition, estime Greenpeace. «Dans de nombreux pays, des solutions et programmes efficaces existent déjà pour s'attaquer à ce problème. Ce sont plus les moyens financiers et la volonté politique qui manquent pour généraliser leur mise en œuvre», juge l’organisme.

«Derrière sa justification humanitaire, ce riz doré avait tout l'air d'un pied-de-biche utilisé par une multinationale de l'agrochimie pour forcer les portes de l'immense marché du riz asiatique. La vigilance de tous s'impose», conclut Greenpeace.


Publié dans ogm

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