Climat : chronique annoncée d'une catastrophe à Copenhague ?

Publié le par evergreenstate

Chroniques vertes d'un avocat
Le Blog d'Arnaud Gossement

Excellent site ....

Bravo c'est bien dit je souscris totalement à son point de
 vue, confondre le facteur 4 , et diviser par 2 est  totalement
insuffisant,

Rappelons que le  seul scénario raisonnable qui devrait faire
 consensus est celui de 2°c et non pas celui de 4 °c évidemment
aucun des acteurs d'aujourd'hui n'auront à répondre en 2050.

 

http://www.arnaudgossement.com/archive/2009/07/08/climat-copenhague.html


Climat : chronique annoncée d'une catastrophe à Copenhague ?

obama-sarkozy-debarquement.jpgUne information d'une extraordinaire importance vient de tomber : un véritable coup de tonnerre...

Lors d'une réunion préparatoire au sommet du G8 qui se tiendra demain à Aquila, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ne sont pas parvenus à s'entendre sur un objectif de réduction par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre de 1990 à 2050.

C'est une catastrophe qui en annonce sans doute une autre : l'échec des négociations à Copenhague qui doivent avoir lieu en décembre prochain pour définir le monde de l'aprés Kyoto.

Il est plus que temps de tirer les leçons de cet échec et d'identifier les responsabilités.

L'échec du storytelling. Le film des négociations climatiques ressemble malheureusement un peu trop à une série de télé réalité où le débat est personnifié à outrance.

On nage en plein storytelling (cf. l'excellent bouquin de Christian Salmon). Je suis atterré de voir jouer ce feuilleton où Nicolas Sarkozy donne des leçons à Obama, lequel tape sur l'épaule de Borloo en promettant de faire ses "homeworks" etc....etc...

Il est tout de même sidérant que les négociations en cours ne procédent pas d'une réflexion sur leur gouvernance. Quelle est l'implication des populations ? De leurs élus ? De leurs corps intermédiaires comme les associations ? En réalité, ces négociations sont devenues une bataille d'experts et de personnes et les citoyens sont tenus à l'écart au motif toujours fallacieux qu'ils ne peuvent pas comprendre.

Et le droit dans tout ça ?J'entend aussi qu'il y a urgence- ce qui est vrai - et donc pas le temps pour un processus vraiment démocratique où seuls les exécutifs nationaux sont impliqués. L'argument ne tient plus depuis ce matin : l'échec des négociations en cours nous fera perdre un temps considérable faute de s'être posés au début les bonnes  questions : quelle aceptabilité sociale du processus ? Quelle gouvernance ? Quelle implication citoyenne ?

Last but not least : s'est-on posé la question de la portée de l'accord à intervenir ? En clair : quelle sera sa valeur et sa qualité juridique ? S'agira--t-il d'une déclaration d'intention rédigée de manière à ce que chaun y rouve ce qu'il a envie d'y trouver ?

Mais attention, ne nions pas la part de responsabilité collectivité. Mettre la pression sur Sarkozy pour qu'il mette la pression sur Obama pour qu'il fasse ses homeworks n'est pas la baguette magique. C'est à nous toutes et tous de nous mobiliser, en faisant circuler l'info, en écrivant à nos élus, en adhérant à des associations, en écrivant partout sur internet et ailleurs, en sensibilisant dans nos familles, écoles et entreprises....Le climat n'est pas un nouveau snobisme c'est l'affaire de chacun...

Pendant ce temps....la Terre se réchauffe....

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AFP : Climat: Les principaux pollueurs renoncent à diviser par 2 leurs émissions 

 
L'AQUILA, 08 juil 2009 (AFP) - Les principales économies qui représentent 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont renoncé à leur objectif de les diviser par deux d'ici 2050, a indiqué mercredi une source européenne.
Cette décision a été prise mardi soir, lors d'une réunion à Rome des représentants des dirigeants du MEF, le Forum des économies majeures, dont le sommet est prévu jeudi à L'Aquila.
"Il y a un très fort engagement (de leur part) à réduire de façon substantielle les émissions mondiales d'ici 2050, mais il n'y a pas de 50%", a précisé ce responsable à l'AFP.
"Sur la date à laquelle les émissions devraient culminer, ils disent qu'elle devrait intervenir dès que possible, mais sans mention explicite. De notre point de vue, si la lutte contre le changement climatique doit se fonder sur la science, les émissions devraient culminer en 2020 (puis baisser) afin de limiter le réchauffement à 2°C", a-t-il poursuivi.
Le MEF serait d'ailleurs décidé à conserver, dans sa déclaration finale, cet objectif d'un réchauffement maximal à 2°C supplémentaires par rapport aux niveaux pré-industriels, a indiqué un négociateur occidental. Mais sans préciser comment ils entendent y parvenir.
Pour l'Union européenne, il s'agit d'un revers: "Nous poussons pour avoir davantage, nous poussons pour des objectifs ambitieux (de réduction) à moyen terme, et nous poussons pour une division par deux des émissions" mondiales, a souligné le responsable européen.
Dans un précédent projet de déclaration, le MEF "soutenait l'objectif de réduire les émissions mondiales de 50% d'ici 2050", sans toutefois préciser l'année de référence par rapport à laquelle cette division devait s'opérer.
Le MEF rassemble les seize principales économies de la planète, les huit pays les plus industrialisés du G8 et les grands émergents comme la Chine, l'Inde, la Corée du Sud ou le Brésil.

Commentaires

Totalement en phase avec ton analyse. Je suis allé écouter Sir Nicholas Stern lorsqu'il est passé à Paris; il est évident que nous paierons et que nous ferons payer aux générations futures le coût de notre inaction. L'objectif du facteur 4 ne sera jamais atteint sans un calendrier précis et une succession d'objectifs intermédiaires. C'est non seulement inacceptable mais aussi totalement irresponsable. Il faut inventer de nouvelles formes d'engagement et de mobilisation pour faire entendre nos voix...

Ecrit par : Eric Delhaye | 08 juillet 2009







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