Au USA, l'économie l'emporte toujours sur l'écologie

Publié le par evergreenstate

Marianne2.fr- Bernard MARIS: Aux USA, l'économie l'emporte toujours sur l'écologie

http://www.marianne2.fr/Aux-USA,-l-economie-l-emporte-toujours-sur-l-ecologie_a193824.html


Aux USA, l'économie l'emporte toujours sur l'écologie

Bernard Maris - France Inter | Lundi 7 Juin 2010 à 11:16 

 

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lautreeconomie/index.php?id=92408


Avec France-Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Les Etats-Unis vont-ils changer de poltique écologique avec la marée noire qui touche leurs côtes ? Pas si sûr.



 

920674-1090204.jpg

photo: IBRRC - Flickr - CC

Il faut espérer que la marée noire du golfe du Mexique va changer le comportement des Etats-Unis vis-à-vis de l’écologie.

Beaucoup se souviennent de la phrase mélancolique qu’avait laissé tomber un jour le père Bush : « Sommes nous condamnés à être le peuple le plus gras ? » avait-il dit avec tristesse. Mais Bush fils, george double «u», avait eu lui, à peine arrivé au pouvoir une phrase plus malheureuse : « le niveau de vie des américains n’est pas négociable ». Elle accompagnait le refus du Sénat de signer le protocole de Kyoto. Pas question que les américains réduisent leur niveau de vie fondé largement sur la voiture. Tous les pétroliers autour de George double «u» avaient applaudi, British Petroleum plus vigoureusement que les autres.

 

Et voilà que le pétrole n’a pas que du bon...

Certes, le pétrole est au cœur du niveau de vie américain, fondé sur l’habitat extensif et l’utilisation intensive de la voiture. Mais la catastrophe du golfe du Mexique place en première position le président Obama, qui revient de Louisiane pour la troisième fois, et à qui l’opinion a reproché de ne pas être assez actif. Il faut dire qu’il apparaît au grand jour que la marée noire ne fait que commencer. Déjà elle s’étend sur 320 kilomètres autour de la fuite principale et se divise en milliers de nappes plus petites. Dès lors, au-delà de la pauvre Louisiane c’est la riche Floride qui pourrait faire les frais du mazout. La Floride est le « sunshine state ». L’industrie du tourisme y pèse 57 milliards de dollars. Et les premières boulettes de mazout viennent d’arriver sur la magnifique plage de sable blanc de Pensacola. Quant aux pêcheurs, ils sont concernés désormais par une zone d’interdiction de la taille de la France.  

 

Mais British Petroleum va payer...

BP va donner quelques sous, il se peut même que ses dirigeants soient fortement punis, qu’ils aillent en prison, qui sait, pour avoir menti, caché la gravité des dégâts causés et sous-estimés le risque des activités de forage en  haute mer ainsi que la réalité de leurs moyens d’interventions. Mais dire « BP va payer » laisse entendre que les dégâts sont réparables et qu’il y a une réversibilité du phénomène.  

 

Or certains dégats sont irréversibles 

Certains dégâts sont irréversibles, comme la disparition de certaines espèces en Louisiane,
           et c’est sur cette notion de réversibilité et d’irréversibilité que l’économie et l’écologie sont à jamais incompatibles.        

 

Pour l’économie, tout est réversible : la croissance peut succéder à la dépression, l’emploi au chômage, la baisse des prix à la hausse etc etc. La flèche du temps n’existe pas pour l’économiste.

 

L’écologiste, lui, au contraire, se situe dans le temps de l’irréversibilité, qui est aussi le temps de l’histoire. Une forêt primaire qui a disparu ou brulé, a bien disparu, même si un jour on la remplace par des eucalyptus. Une espèce qui a disparu a disparu à jamais. L’écologiste est dans la prudence et la stationnarité, l’économiste est dans la croissance et l’imprudence. Voila que les américains, qui habitaient le continent de l’expansion infinie, découvrent la prudence et la stationnarité.

 

 


Caught in the oil

 

A short entry - AP Photographer Charlie Riedel just filed the following images of seabirds caught in the oil slick on a beach on Louisiana's East Grand Terre Island. As BP engineers continue their efforts to cap the underwater flow of oil, landfall is becoming more frequent, and the effects more evident. (8 photos total)

A bird is mired in oil on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast on Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel)

2
A Brown Pelican sits in heavy oil on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

3
A pair of Brown Pelicans, covered in oil, sit on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast, Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

4
A sea bird soaked in oil sits in the surf at East Grand Terre Island along the Louisiana coast Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

5
A Brown Pelican is seen on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast on Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

6
A bird covered in oil flails in the surf at East Grand Terre Island along the Louisiana coast Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

7
A Brown Pelican is mired in heavy oil on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast on Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #
A Brown Pelican covered in oil sits on the beach at East Grand Terre Island along the Louisiana coast on Thursday, June 3, 2010. (AP Photo/Charlie Riedel) #

Publié dans mer

Commenter cet article