L'anthropocène, notre nouvelle ère géologique

Publié le par evergreenstate

L'anthropocène, notre nouvelle ère géologique

Echelle des temps géologiques
Echelle des temps géologiques

L’Anthropocène, terme créé dans les années 1990 par le Prix Nobel de Chimie 1995 et Docteur en météorologie Paul Josef Crutzen, désigne une nouvelle période géologique, qui aurait débuté en 1784. Claude Lorius, grand glaciologue français et médaillé d'or par le CNRS, est le co-auteur avec le journaliste Laurent Carpentier, de Voyage dans l’anthropocène. Interrogé par le site du Monde, il explique comment l'homme, en prenant le contrôle de l'environnement, est entré dans cette ère.

C'est en 1784, lorsque James Watt a breveté la machine à vapeur, qu'a commencé l'Anthropocène. Utilisée par de nombreux scientifiques, cette ère "pourrait être officiellement ajoutée au tableau des temps géologiques à l’occasion du prochain congrès international de Brisbane", qui aura lieu en 2012, révèle Claude Lorius. A ce jour, ce tableau nous place dans l'Holocène, ère chaude s'étendant sur les 10.000 dernières années.

Cette nouvelle période correspond à un profond changement des caractéristiques géologiques de la Terre. La révolution industrielle a donné à l'homme la capacité de dominer la nature, la modifier et la détruire. Les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l'activité humaine, altèrent l'atmosphère. L'homme est également à l'origine d'une modification de l’hydrosphère, via l'acidification des océans, et le réchauffement climatique qui engendrant la fonte des glaciers, augmente le niveau des mers. "Il agresse aussi la lithosphère, l’enveloppe rigide de la planète, en érodant les sols, creusant des mines ou épuisant les ressources naturelles", poursuit Claude Lorius, évoquant enfin l'impact de l'homme sur la biosphère, menaçant d'extinction de nombreuses espèces animales et végétales.

Lorsqu'on lui pose la question de savoir si cette situation est réversible, le glaciologue reconnaît que "si l’humanité décidait d’arrêter totalement, dès aujourd’hui, ses émissions, la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne se réduirait qu’à un rythme très lent". Mettre un terme au réchauffement climatique pourrait prendre des siècles, "mais la situation sera pire si l’on ne fait rien", souligne Claude Lorius.

Mais le chercheur se dit très pessimiste quant au sort que l'Homme réservera à la planète. Il est selon lui inimaginable de voir un jour l'humanité sacrifier son évolution pour préserver la planète. "Nous nous dirigeons donc certainement vers le pire scénario du Giec", déplore-t-il. Ce scénario prévoit une hausse de la température globale de 6°C, or les experts préconisent de limiter à 2°C ce réchauffement.

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