L'industrie high-tech est, elle aussi, durement affectée

Publié le par evergreenstate




L'industrie high-tech est, elle aussi, durement affectée
LE MONDE | 05.12.08 | 14h06  •  Mis à jour le 05.12.08 | 16h31

lans sociaux, révisions à la baisse des évolutions des marchés, avertissements sur les résultats : les signaux envoyés par l'industrie "high-tech" prouvent qu'elle n'est pas insensible au ralentissement économique.

Jeudi 4 décembre, l'opérateur de télécommunications américain AT & T a dévoilé la suppression de 12 000 emplois d'ici la fin 2009, soit 4 % de ses effectifs. Le même jour, le japonais Sony annonçait la fermeture de son usine des Landes, qui emploie 312 personnes.

De son côté, le groupe d'électronique néerlandais Philips convenait qu'il ne pourrait pas atteindre les objectifs qu'il s'était fixé pour 2010, arguant de " l'environnement économique en détérioration continuelle". Enfin, le finlandais Nokia a révisé une nouvelle fois à la baisse ses prévisions du marché de la téléphonie mobile : les ventes en volume dans le monde devraient reculer de 5 % en 2009. La veille, l'opérateur Telecom Italia, qui avait déjà dévoilé un plan de 5 000 suppressions de postes en juin, a annoncé 4 000 départs de plus.

Les situations de ces entreprises ne sont pas comparables, même si elles ont en commun d'être encore bénéficiaires. Mais toutes évoquent le ralentissement économique et la crainte d'une année 2009 plus difficile que prévu pour justifier leurs réorganisations.

Même les opérateurs de télécommunications affirment que la crise a un impact sur leur activité. Et pourtant, leur modèle basé sur l'abonnement semble assez stable. Mais les opérateurs historiques voient depuis quelques années leur activité de téléphonie fixe s'éroder. L'absence de constructions nouvelles qui freine le recrutement d'abonnés et la décision des clients de se désabonner de leur ligne fixe au profit du mobile par souci d'économie accélère le mouvement.

Nokia évoque le ralentissement des ventes de mobiles dans les pays émergents pour expliquer la baisse du marché l'an prochain.

 

EN BOUT DE CHAÎNE

 

Ce contexte oblige les opérateurs à réduire les coûts et donc à diminuer leurs investissements ce qui pénalise l'industrie des télécoms. Les industriels doivent faire des choix. D'autant que la concurrence très forte sur ces marchés fait baisser les prix. Nokia a par exemple décidé de sortir du marché japonais. Quant à l'équipementier Alcatel-Lucent, il devrait présenter, le 12 décembre, sa stratégie de recentrage sur cinq secteurs clés, dont les réseaux IP, l'optique et le mobile. Le groupe essaie de définir un modèle qui lui permette de regagner de la valeur.

Mais la situation est encore plus difficile pour les industriels qui sont en bout de chaîne : les fabricants de composants. On l'a vu avec l'allemand Infineon, qui affiche une perte de 763 millions d'euros pour le trimestre qui s'est achevé le 30 septembre. Quant à l'américain AMD, il a annoncé une chute de ses ventes de 25 % au quatrième trimestre.


Laurence Girard
Article paru dans l'édition du 06.12.08

Publié dans industrie

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