La France, championne d'Europe des dérogations pour utiliser des pesticides interdits

Publié le par evergreenstate

La France, championne d'Europe des dérogations pour utiliser des pesticides interdits

 

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Publié le 27 janvier 2011.

Pulvérisation de pesticides agricoles en France.

Pulvérisation de pesticides agricoles en France. LECARPENTIER/SIPA

 

AGRICULTURE - Un rapport de l'association Générations futures dénonce des dérogations à la législation européenne accordées trop généreusement…

Début 2009, le Parlement européen adoptait une loi pour restreindre l’usage des pesticides dans les pays de l’Union européenne. Etaient particulièrement visées les substances cancérigènes, mutagènes ou les perturbateurs endocriniens. Ces produits dangereux, qui devaient être bannis de l’agriculture européenne, arrivent tout de même dans les champs: en 2010, 321 dérogations ont été accordées en Europe, dont 74 pour la France selon l’étude réalisée par les associations Générations futures et Pesticide action network.

Une avalanche de «dangers imprévisibles»

Dans la législation européenne, un article permet d’obtenir des dérogations pour utiliser les produits interdits, mais seulement en cas de «danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens». Et c’est dans cette brèche que se sont engouffrés des «groupes d’agriculteurs rétrogrades» selon le rapport: «En 2010, les Etats membres ont demandé 321 dérogations par cette voie concernant 152 substances actives différentes. Cette soudaine avalanche de "dangers imprévisibles" est très surprenante. Tout cela ressemble d’avantage à une tentative de rendre légale des utilisations de pesticides interdites par un recours massif et abusif aux dérogations», écrivent les auteurs de l’étude.

Les dérogations freinent le passage à une agriculture durable

Le rapport dénonce ainsi une loi «dévoyée»: les pesticides ayant obtenu des dérogations ne seraient nullement utilisés dans des cas réels de danger imprévisible. Par exemple, les fumigants du sol seraient utilisés pour des monocultures dont les ravageurs pourraient être éliminés par une simple rotation saisonnière. Mais les habitudes semblent difficiles à perdre: «Un accès facilité à des produits dangereux dépassés encourage le maintien de mauvaises pratiques agronomiques et risque de stopper l’innovation et la conversion de notre agriculture à toute forme d’agriculture vraiment durable», déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

Les associations auteurs du rapport ont adressé un courrier à John Dalli, commissaire européen en charge de la santé, lui demandant de restreindre ces dérogations «qui font courir des risques à nos concitoyens» au plus strict minimum.

Audrey Chauvet

Publié dans agriculture

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