Les risques d'un nouveau choc pétrolier sont bien réels

Publié le par evergreenstate

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Les risques d'un nouveau choc pétrolier sont bien réels»

06/10/2009 07:51

Pour Jean Pierre Favennec, directeur expert de l'Institut français du pétrole (IFP), le monde doit non seulement investir massivement dans la production de pétrole mais également développer de nouveaux modèles économiques.

Craignez-vous une nouvelle flambée des prix du pétrole lorsque la reprise se confirmera ?
Les risques d'un nouveau choc pétrolier sont en effet bien réels. Avant la crise et l'entrée en récession d'une bonne partie de la planète, le marché était tout juste équilibré, ce qui signifiait que l'offre parvenait tout juste à satisfaire la demande. Or la crise de financements, l'effondrement des prix et la récession ont poussé les compagnies pétrolières à annuler certains projets d'investissements. D'autres ont été repoussés le temps que les compagnies renégocient avec les sociétés de service ou d'ingénierie des tarifs nettement en baisse. Le résultat, c'est que la baisse des projets d'investissement pourrait atteindre peut être 30% cette année. Cela signifie que lorsque la demande va repartir, le marché pétrolier va buter sur des contraintes de production.

Avant la crise, la production mondiale de pétrole était de l'ordre de 85 millions de barils par jour (Mb/j) . Or, si les réserves de pétrole sont encore très importantes, il est probable que la production ne dépassera pas beaucoup 95 ou 100 Mb/j, essentiellement pour des raisons politiques : les grands pays producteurs où les réserves sont concentrées n'ont pas intérêt à accroître massivement leurs capacités de production, même si, jusqu'à présent, ils ont fait en sorte que le marché mondial soit bien approvisionné. Des perspectives d'accroissement de la production existent aussi du côté des liquides associés au gaz naturel et des pétroles "non conventionnels" (sables asphaltiques du Canada et pétrole extra lourd du Venezuela) mais leur production n'est pas du même ordre de grandeur que celle du pétrole conventionnel. La reprise économique - si elle se confirme - devrait entraîner de nouvelles tensions sur les prix. Les grands fonds d'investissement vont également alimenter cette hausse en prenant des positions spéculatives. Nous allons entrer durablement dans un monde de pétrole - et de façon plus globale d'énergie - très cher.


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